Interview de Noemie
- Alors ça dois te changer un peu d'être interviewée alors que c'est plutôt toi d'habitude qui le fait, non ?
C’est vrai que j’ai plus l’habitude d’être derrière et de mener la danse ;)
Mais j’aime bien être un peu la star des fois ^^
- Avec Noise Pod, tu as eu la chance de rencontrer un bon nombre d'artistes ( punish yourself, pleymo, my pollux...) .Il y a t'il eu une rencontre qui t'ai vraiment marquée ?
Es tu nerveuse à chaque rencontre?
En effet depuis que j’ai commencé l’aventure Noisepod, il y a plus d’un an, j’ai pu rencontrer un grand nombre d’artistes que j’admire. L’avantage avec Noisepod c’est que nous choisissons tous les groupes que nous traitons, c’est un des plaisirs de l’autoprod.
14 groupes, et toujours reçue avec le sourire… je ne garde aucun mauvais souvenir d’interview !
Je ne suis pas trop nerveuse lors des interviews, je gère en général assez bien le stress, les interviews en anglais m’angoissent toujours un peu car j’ai peur de dire une énorme connerie.
Mais c’est avec Gwar que j’ai pu faire l’itw la plus fun de ma petite carrière ! J’ai hâte de tourner les plateaux… un grand numéro en prévision…
Mais c’est quand même marrant de parler avec des groupes comme « Cradle of filth » ou « Opeth » dont j’étais super fan quand j’avais 14 ans.
- Tu ne te limites pas à noise pod, tu es mannequine, danseuse, actrice, d'ou te viens cette envie
"touche à tout" et comment tu fais pour tout concilier ?
Tu oublies de dire que je suis aussi musicienne et peintre !
Haha… c’est bon, tu es bien installé ? Parce que ça risque d’être un peu long J
En fait je suis quelqu’un d’hyper actif, j’ai toujours peur de crever du jour au lendemain et de me dire en arrivant devant (dieu ?) : « merde, j’ai rien fait de ma vie, ça craint »
Je suis aussi horriblement curieuse, d’où cette envie de « toucher à tout ».
Je fais les choses par plaisir, donc je me pose pas vraiment la question de savoir si je vais pouvoir tout gérer, des fois ça merde, des fois ça marche… mais il faut beaucoup de défaites pour une victoire…
- Et si on te demandait de choisir entre tous ces "hobbies" que choisirais-tu ?
La musique… car c’est grâce à elle que je suis ce que je suis et que j’en suis là aujourd’hui…
J’ai commencé à prendre des cours de théâtre parce que je ne me sentais pas très à l’aise sur scène, c’est grâce à elle que j’ai commencé à être animatrice, j’ai commencé à poser pour les photos de groupes etc.
Mais je serais très malheureuse si je devais choisir une activité précise… c’est un ensemble quasi indissociable… je pourrais toujours respirer avec un seul poumon mais difficilement…
- Toi qui a une vie bien remplie, te restes t'il des rêves ou des envies à accomplir ?
Des millions !
Je fais beaucoup de choses, mais malheureusement, pas encore assez pour pouvoir gagner ma vie correctement, alors je suis obligée de faire des petits boulots à droite et à gauche… Comme tout le monde !
Donc dans un premier temps, j’aimerais juste pouvoir arrêter de faire ces jobs de merde !
Si tout vas bien, ce n’est plus qu’une question de mois…affaire à suivre
La route est encore bien longue pour moi ! Je pense que je fais partie de cette race de gens qui ne sont jamais satisfait, mais je suis une acharnée et je sais que le travail paye tôt ou tard (en espérant que ce ne soit pas trop tard…)
-Tu as rejoins très récemment la communauté suicide girls. Ton premier set en ligne. Qu’est ce que cette adhésion au sein de ce site représentait pour toi ? Comment s’est déroulé ce premier set pour suicide girls ?
En fait, l’histoire à commencé voila 2 ans : quand j’ai eu internet et que j’ai recommencé la photo, des amis m’ont parlé du site « suicidegirls » que je ne connaissais pas et qui correspondait bien à ma recherche esthétique.
J’ai donc fait un set, qui avait beaucoup plus au staff à l’époque. Mais tu as des dizaines de papiers à leur envoyer, je n’étais pas dans les temps et mon set à été recalé pour une paperasse !
J’ai laissé tomber parce que je trouvais vraiment les démarches trop complexes et fastidieuses, jusqu'à ce qu’une photographe me contacte du nom de Sandee Paween. Son travail original m’a remotivée et nous avons fait un set ensembles dans le studio de la tatoueuse « Laura Satana »
Sandee elle occupée de gérer tous les papiers…
Le fait d’avoir l’étiquette « suicide girl » n’as pas changé ma vie ! C’est marrant de pouvoir rencontrer des gens dans la même optique que toi, bien que je pense que beaucoup de filles n’assument pas vraiment d’être nues sur le net, mais je ne me sent pas différente, c’est juste l’occasion de pouvoir rencontrer d’autres personne dans un autre contexte.
- Certaines personnes peuvent être choquées par ce genre de photos ou de styles, ils sont perdus ou ne comprennent pas bien le sens, as tu déjà été confronté face à ce genre de réactions négatives ?
Tous les jours !
Etant donné que je ne me contente pas d’être modèle, ça peut me décrédibiliser selon les milieux que j’aborde.
Quand tu es comédienne, et d’autant plus présentatrice, les gens ont vite fait de te cataloguer par « la meuf qui à été prise parce qu’elle pose à poil ».
Je profite de ce que je sais faire, et si ça me sert : tant mieux ! Je ne ferais pas l’hypocrite en disant que ça m’est inutile, le fait est juste de l’assumer et de le décomplexer.
Ça reste de la photo, et je me suis fixée des limites que je n’ai pas envie de dépasser et que je ne dépasse pas.
Je suis fière de ce que je fais, si les gens arrivent avec des préjugés, c’est leur problème, je ne suis pas là pour les faire changer d’avis… j’avance et ceux qui me crache dessus et qui me montre du doigt, je n’y fais plus attention
Pour te donner un exemple, le guitariste de mon groupe m’a plantée parce que sa femme est tombée sur mon book et lui a fait une scène… je ne pensais pas me retrouver en 2007 dans une telle situation… donc, autant faire avec.. en même temps ça te permet de faire le tri J
- Que pensent tes proches des photos que tu fais ?
Je viens d’un tout petit patelin dans le sud de la France… alors les avis sont assez partagés en ce qui concerne ma famille. Ma mère n’est pas folle de joie de savoir sa fille poser nue. En même temps, je me mets à sa place, on n’a certainement pas le même regard en temps que maman…
J’ai connu mon copain alors que je faisais déjà de la photo, donc il n’y a pas de problème à ce niveau là. je dirais qu’en règle générale les réactions sont bonnes !
- Tu à l'air assez çà l'aise dans le nu, ça a été facile pour toi de poser déshabiller dés le début ou tu étais plutôt du genre timide et te dévoiler comme ça t'as donné confiance en toi ?
Les premières photos que j’ai faites étaient pour un site de lingerie, j’avais tout juste 18 ans…
A cette époque j’avais été contactée par des dizaines de photographes qui voulaient tous d’un modèle alternatif ( il n’y avait alors pas autant de modèles), même « Newlook » à l’époque m’avait contactée pour faire la couverture de leur mag… bref, je n’étais pas prête à poser autre qu’en lingerie, j’ai donc refusé...
J’ai ensuite posé pour un peintre pendant plus d’un an pour du nu académique, je commençais à me sentir de plus en plus à l’aise, et les réactions m’ont encouragée à me dévêtir d’avantage.
Le fait d’être mise en valeur par une photo réussit et surtout un œil subjectif m’ont donné effectivement d’avantage confiance en moi.
C’est aussi pour cela que je continue aujourd’hui et que j’ai encore pleins de belles séances à faire !
- Qu'est ce que tu voudrais dire à toutes ces filles qui rêvent de devenir mannequin mais qui pensent que ça n'arrive qu'aux autres ?
Je pense que le but et déjà de ne pas oublier que c’est un plaisir et une passion. Si on fait des photos dans un but purement mercantile autant arrêter tout de suite à moins d’avoir effectivement les mensurations d’un mannequin standard…
En France, je pense qu’il doit y avoir 2 ou peut être 3 modèles qui arrivent à vivre uniquement de leur travail de modèle.
Le problème est que beaucoup de gens se mettent à la photo, en tant que photographe ou modèle, les photographes ne payent pas les modèles, les modèles débutent ne sont donc pas payer parce qu’elles ont besoin de photos pour leur book, après 1 an ou 2 à ne pas être payées et à ne jamais avoir leurs photos et arrêtent de poser, donc pas de modèles professionnels et les photographes trouvent de nombreuses filles qui n’ont pas besoin de rémunérer.
Bref, c’est un cercle vicieux et il faut savoir sacrément bien faire son travail de modèle pour espérer en vivre !
Je pense qu’il faut déjà essayer de poser pour avoir vraiment du recul et savoir si on aime ça ou pas…
On arrive à tout avec l’envie et la détermination, en tous cas essayer de se rapprocher le plus de ses ambitions, donc tout mettre en œuvre pour se rapprocher de ses idéaux…
- Et à tes fans ?
Cette notion est vraiment trop étrange pour que je puisse y croire… je ne pense pas qu’a ma mesure j’ai des fans… et si c’est le cas, j’en suis honorée et troublée !
Et bien, je pense que je remercierais les gens qui me suivent et qui approuvent ma démarche, suivez moi car je vais faire de plus en plus de choses !
En tous les cas merci pour cette interview, et merci de m’avoir lue !
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